Souveraineté numérique
- VO Technologies
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Trouver l'équilibre entre souveraineté et innovation technologique

À l’ère du numérique, la souveraineté des États ne se limite plus aux frontières territoriales ou aux infrastructures physiques. Elle englobe désormais un enjeu stratégique majeur : la maîtrise des outils technologiques et des données publiques. L’article de Christophe Gaie et Jean Langlois-Berthelot (2024) publié sur Polytechnique Insights analyse les risques liés à la dépendance des États aux grandes entreprises du numérique et propose des solutions pour concilier souveraineté et efficacité.
Qu’est-ce que la souveraineté numérique ?
Selon Gaie et Langlois-Berthelot (2024), la souveraineté numérique désigne la capacité d’un État à garantir son indépendance en matière de ressources technologiques et numériques. Elle repose sur plusieurs éléments clés :
Les biens numériques, incluant les infrastructures matérielles (serveurs, fibres optiques, pare-feu…) nécessaires pour sécuriser les systèmes d’information.
Les services numériques, qui permettent de gérer des fonctions stratégiques comme l’identité numérique, la collecte des impôts ou encore la cybersécurité.
Aujourd’hui, de nombreux États s’appuient sur des solutions numériques développées par des entreprises privées, attirés par leur performance et leur coût réduit. Cependant, cette dépendance peut engendrer des risques majeurs, notamment en matière de sécurité des données et de continuité des services.
Comment préserver la souveraineté tout en restant efficace ?
Selon Gaie et Langlois-Berthelot (2024), face aux défis posés par l’utilisation de solutions numériques non-étatiques, plusieurs stratégies peuvent être adoptées pour garantir un équilibre entre souveraineté et efficacité :
Définir les services à externaliser et ceux à maintenir en interne : Certains domaines, comme la cybersécurité ou les applications critiques de l’État, doivent rester sous contrôle public. En revanche, des services plus génériques (bureautique, gestion des congés…) peuvent être externalisés avec des garanties contractuelles strictes.
Assurer un cadre de gouvernance rigoureux : L’externalisation des services numériques doit être encadrée par des processus clairs : identification des risques, définition des engagements contractuels et mise en place de solutions de réversibilité pour éviter une dépendance excessive.
Renforcer la surveillance et la cybersécurité : L’adoption de solutions de surveillance avancées, comme les systèmes de détection d’intrusion (SIEM), permet d’anticiper les menaces et de limiter les failles de sécurité.
Intégrer la sécurité dès la conception des logiciels (DevSecOps) : Une approche DevSecOps, combinant développement et sécurité, permet de détecter les vulnérabilités avant le déploiement des logiciels, réduisant ainsi les risques d’exploitation malveillante.
Sensibiliser et former les acteurs du numérique : Assurer une veille technologique et sensibiliser les agents de l’État aux enjeux de cybersécurité est essentiel pour maintenir un haut niveau de protection des infrastructures numériques.
L’article de Gaie et Langlois-Berthelot (2024) met en évidence la nécessité pour les États de ne pas subir leur dépendance aux acteurs privés du numérique, mais de l’encadrer intelligemment. Une stratégie équilibrée, associant gouvernance stricte et innovation technologique, est la clé pour préserver la souveraineté tout en bénéficiant des avancées du numérique.
Référence
Gaie, C., & Langlois-Berthelot, J. (2024, 9 septembre). La dépendance des États aux géants du numérique pose-t-elle problème ? Polytechnique Insights. Récupéré de https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/science/la-dependance-des-etats-aux-geants-du-numerique-pose-t-elle-probleme/
Source : Damien SOULÉ
Comments